lundi 30 janvier 2017

La Maison des Morts

Sarah Pinborough
Science- Fiction
Editions Milady
One Shot (Tome unique)



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La vie de Toby bascule suite à un simple test sanguin. Au beau milieu d’une île déserte, une poignée d’enfants mène une existence hors du temps, sous la surveillance impassible d’une équipe d’infirmières. Arrachés à leurs familles, les Déficients vivent dans la crainte du moindre symptôme indiquant qu’il est temps pour eux d’être conduits au sanatorium, là d’où personne ne revient. Loin des siens, replié sur lui-même, Toby attend la mort et lutte contre la peur et le désespoir. Mais l’arrivée d’une nouvelle patiente lui redonne brusquement une raison de vivre et d’espérer...



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Alors première chose, ce roman n'est pas un livre qui fait peur! Je sais la couverture, le titre sont trompeurs mais ce livre ne fait absolument pas peur. L'ambiance y est angoissante, oppressante mais en aucun cas effrayante!
Nous nous retrouvons au début de ce roman dans un dortoir d'une énorme maison où n'y vivent que des enfants et du personnel soignant. On comprends vite que ses enfants ne sont pas ordinaires et que cette maison n'est ni une école ni un lieu de villégiature... En effet, il s'agit plutôt d'un mini hôpital dans lequel ont été isolé des enfants atteints d'une étrange maladie. Ils sont ici en attendant leur tour, le moment de leur mort. Rien que ce synopsis est angoissant et dérangeant puisqu'il aborde la maladie chez les enfants et l'on commence cette histoire en sachant dès le début que nos personnages sont condamnés.
Le personnage principal est Tobias, alias Toby, qui a une quinzaine d'années. Il dort dans le Dortoir 4 et en est un peu le meneur. Comme on évolue au milieu de pré adolescents et d'adolescents, forcément, il y a clivage et le dortoir de Toby est en "compétition" avec le Dortoir 7 mené par Jake, garçon un peu plus âgé qui vient tout droit d'une maison de redressement.
Leurs journées sont rythmés par les cours, la salle de jeux, la lecture, la musique.
Les adultes présents dans ce roman sont les infirmières et leurs professeurs qui ne leur adressent absolument pas la parole, se contentant de leur prodiguer des soins pour les uns et de leur donner des cours pour les autres. Ils agissent tous comme des robots, sans sourire et n'ont donc aucun lien affectif avec les enfants.
Leur quotidien va être chamboulé par l'arrivée de nouveaux enfants dont une jeune fille, Clara qui respire la joie de vivre malgré sa condamnation et qui va leur apporter une autre vision de la vie, en tout cas du temps qu'ils leur restent à vivre.
La maladie en elle même est très mystérieuse, on en apprends très peu sur elle. Les enfants sont en pleine forme et sans aucun symptômes jusqu'au moment où d'un seul coup, ils vont commencer à présenter des symptômes qui diffèrent les uns des autres. Dès qu'il commence à être trop malades, les infirmières viennent les chercher dans la nuit pour les emmener au Sanatorium d'où ils ne reviennent jamais.

J'ai clairement adoré ce roman et une fois commencé j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher avant de le terminer. C'est avant tout une histoire sur la maladie et son appréhension, la confrontation avec une mort certaine et imminente, la façon de vivre sa vie dans l'instant présent en essayant de ne pas penser à l'après.
Ce huit- clos révèle les réactions différentes que peuvent avoir des personnes condamnées, l'accent étant mis sur la psychologie de chacun.
Certains ont désapprouvé le fait que l'on ne sache rien sur la maladie et sa survenue sur Terre mais moi j'ai bien aimé évolué dans un univers qui finalement n'est pas expliqué. On sait que l'on est sur Terre, on ne sait pas à quelle époque, on ne sait rien de cette mystérieuse maladie et tout ceci donne un sentiment de mystère qui plane autour de ce roman que j'adore! Chacun peut imaginer les choses à sa façon et cela change un peu des romans où tout est expliqué de A à Z, le pourquoi du comment...

En bref, je vous recommande ce livre, d'autant plus qu'il est aussi beau dans le fond que dans la forme avec sa couverture rigide, sa tranche noire et ses petites illustrations en chaque début de chapitre.
C'est exactement le genre d'histoire dont les personnages et l'histoire vous hantent un moment et auxquels vous pensez de temps en temps, un roman que l'on n'oublie pas!
J'ai cru avoir eu un coup de cœur pour ce livre en le refermant et finalement avec le recul, c'est une très bonne lecture sans être un coup de cœur.


"Car on va tous mourir un jour; ce qui compte, c'est comment on choisit de vivre."